Fatima Koné : ce que cette polémique dit de nous est plus laid que tout

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Il y a quelque chose de triste, de rance, et d’un peu pathétique dans cette manie nationale de vouloir faire passer le fiel pour de l’analyse, le fiel pour de l’esthétique. Depuis que Fatima Koné a été sacrée Miss Côte d’Ivoire 2025, une partie bruyante de la toile semble vouloir lui contester non seulement la couronne… mais carrément le droit d’être belle.

Et c’est là que le débat déraille.

Car à ce niveau, ce n’est plus une simple divergence d’opinion sur les goûts et les couleurs – c’est une violence gratuite maquillée en subjectivité.

On peut tout remettre en question dans un concours : la transparence du jury, les critères, la représentativité, le système même, pourquoi pas.

Mais remettre en question sa beauté, au point de la tourner en dérision, d’en faire un sujet de lynchage numérique… ça, c’est autre chose.

C’est inutile. C’est inconséquent. Et c’est profondément nauséabond.

La beauté est peut-être subjective, oui. Elle est multiple, elle change de regard en regard, de génération en génération.

Mais cette obsession de vouloir imposer une norme étroite, rigide, exclusive, comme si la beauté devait sortir d’une photocopieuse, est d’un autre siècle.

Que ceux qui veulent bouder la Miss le fassent en silence ou dans leurs salons.

Mais se moquer, diffamer, rabaisser, sous prétexte qu’on n’a pas vu son propre fantasme couronné, ce n’est pas un avis : c’est une lâcheté.

Et derrière cette polémique de caniveau, ce n’est pas Fatima Koné qu’on juge.

C’est notre propre capacité à accepter la différence, à élargir nos regards, à sortir de nos cases.

Ce n’est pas la Miss qui pose problème, c’est le miroir que ce choix tend à une société qui n’a toujours pas fait la paix avec ses propres complexes.

En clair, Fatima Koné n’a pas besoin d’être validée par les plus bruyants pour être Miss.

Elle l’est. Et elle le restera.

Le vrai problème, ce ne sont pas ses traits.

C’est ceux qu’on voit dans les commentaires.